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Les Immeubles de grande hauteur ne favorisent pas une ville à taille humaine

[COMMUNIQUÉ]

 

Les élu-e-s écologistes tiennent à réaffirmer leur opposition à la construction d'une tour dans le quartier EuroRennes. Les Immeubles de Grande Hauteur, loin de favoriser la densité, ne vont pas dans le sens d'une ville soucieuse de son environnement et du bien-être de ses habitants.

 

Le nouveau quartier EuroRennes qui s'élèvera autour de la Gare de rennes prévoit la construction d'une "tour-signal" à l’angle du pont de l’Alma et du quai Paul-Féval. On parle ici d'un immeuble de plus de cinquante mètres de haut.

Outre la faible rentabilité financière engendrée par ce genre de projets immobiliers - du fait des surcoûts liés à la résistance au feu des structures, aux équipements de détection et d’alarme incendie, aux équipements facilitant l’intervention des pompiers, etc – c'est le projet urbanistique et architectural de Rennes qu'il faut interroger. Les tours ont des performances énergétiques déplorables, elles ne sont pas un gage de densité et sont bien loin de la ville à taille humaine que défendent les élu-e-s écologistes.

La consultation lancée dans le cadre de Rennes 2030 a d'ailleurs révélé que les Rennais n'étaient pas favorables aux immeubles de grande hauteur. Face aux difficultés à faire aboutir le projet de tour sur EuroRennes, les écologistes appellent à son abandon.

 

Matthieu Theurier et Gaëlle Rougier, co-présidents du groupe écologiste à la Ville de Rennes

 

4 commentaire(s)

  1. Mickaël B

    « Les Immeubles de Grande Hauteur, loin de favoriser la densité, ne vont pas dans le sens d’une ville soucieuse de son environnement […] Les tours ont des performances énergétiques déplorables »
    J’imagine donc que vous êtes en mesure de produire des données chiffrées qui permettent de contredire les éléments fournis dans le cadre de ce projet : http://tour-triangle.com/tour-ecologique/ ou encore de celui-ci : http://tourelithis.com

    « Les Immeubles de Grande Hauteur, loin de favoriser la densité, ne vont pas dans le sens d’une ville soucieuse […] du bien-être de ses habitants »
    C’est un peu court pour être aussi catégorique… d’autant que :

    « du fait des surcoûts liés à la résistance au feu des structures, aux équipements de détection et d’alarme incendie, aux équipements facilitant l’intervention des pompiers, etc »
    Bref, des surcoûts qui participent d’une certaine manière du bien-être des habitants…
    Signalons également quelques consultations d’habitants vivant dans de tels quartiers : https://www.challenges.fr/emploi/management/le-sondage-qui-fait-debat-sur-la-qualite-de-vie-a-la-defense_11484
    On y apprend que 92% des habitants et 89% des salariés de la Défense sont satisfaits d’y être installés. Oh cela n’empêche pas l’existences de problèmes, dont on trouverait des illustrations y compris dans des petits collectifs (celui dans lequel je vis par exemple !). Nous pourrions aussi citer l’exemple de Vancouver pour sa qualité de vie avec son concept d’éco-densité, qui passe, manifestement, par des tours…

    « elles ne sont pas un gage de densité »
    Certes non s’il est question de construire à côté un quartier d’affaires pavillonnaire… Je ne voudrais pas m’avancer, mais il semblerait que ça n’en prenne pas le chemin.

    « [Les tours] sont bien loin de la ville à taille humaine que défendent les élu-e-s écologistes »
    On parle de quelle taille humaine ? Celle de Saint-Martin de Seignanx (5 000 hab.), celle de Paris (2 200 000 hab.), celle de Quimperlé (12 000 hab.) ou encore celle de Dol-de-Bretagne (5 000 hab.), villes qui vantent toutes leur taille humaine… Et puis, une ville peut-elle être à taille humaine alors que des villages eux-mêmes se revendiquent de taille humaine ? Bref, c’est un concept fumeux que celui de la taille humaine. On y met ce qu’on veut.

    « La consultation lancée dans le cadre de Rennes 2030 a d’ailleurs révélé que les Rennais n’étaient pas favorables aux immeubles de grande hauteur. »
    Et 71% se prononcent en faveur de bâtiments plus audacieux… On fait dire ce qu’on veut à cette consultation.
    Et l’opposition aux tours n’est pas si frontales et souvent dogmatique. Moins de désinformation pourrait changer cela.

    1. Les élu-e-s écologistes de Rennes et Rennes Métropole

      Monsieur,
      Nous affirmons en effet que les immeubles de grande hauteur ont des performances énergétiques déplorables. Pour donner un élément chiffré, les tours les plus économes en énergie consomment 200 à 300 kWhep/m² quand des bâtiments de bureaux passifs en consomment 70 à 80. Ascenseurs, surpresseurs, climatisation imposent aussi des consommations d’énergies supplémentaires. En outre, leur construction-même nécessite des fondations importantes et des mus plus épais, l’énergie requise pour cela est sans commune mesure avec celle requise pour la construction de petits collectifs. Ajoutons également que la verticalité limite la pénétration de lumière naturelle, imposant de fait une consommation plus importante d’énergie pour s’éclairer.
      Sur la question de la densité, Nice et Bordeaux ont une densité comparable à celle de Vancouver et n’ont pourtant pas fait le choix de la hauteur. Le modèle hausmannien avec des immeubles compacts de 5 à 7 étages est plus efficace. En témoigne la ville de Paris, ville la plus dense d’Europe, qui affiche une densité de 21000 habitants au km². Contrairement aux idées reçues, le Blosne, haut lieu de la verticalité à Rennes, est nettement moins dense que le centre-ville.
      Enfin, sur la question de la « taille humaine », nous ne parlons pas de la taille de la ville, mais des échanges humains que l’aménagement d’une ville peut produire. Et nous estimons que c’est la mixité des activités, le lien social et la possibilité de se déplacer quotidiennement à pied ou à vélo qui favorisent la « taille humaine » dont nous parlons. C’est à ce titre que nous défendons le principe d’un habitat participatif, construit avec les habitantes et les habitants.

  2. Floch

    Certes Le Blosne n’est pas dense et on peut densifier sans faire de tour, mais n’oublions pas que Rennes ne peut plus construire au delà de la rocade. Hors entre 3 immeubles de 20 mètres avec aucun espace vert ou un seul immeuble de 60 mètres avec un grand square à côté à densité égale mon choix est vite fait, je choisi la tour et le parc à condition que ces derniers soient beaux et bien pensé. Nice est loin d’être un exemple tant la ville est étouffante et minérale même sans tour…Et à force de faire du R+5 partout, il n’y aura plus d’espace du tout (Au Blosne on respire au moins).

    A EuroRennes, pour le geste architectural, une tour de + de 80, voire 100 mètres ne serait pas non plus une catastrophe écologique, Rennes ne va pas devenir Vancouver ! Et force est de constater que vu la faible superficie d’EuroRennes, il n’y a pas d’autre choix, la perte de m² dans l’annulation de la tour (si elle passe de 90m à 40) ne permettrait pas de faire un immeuble ailleurs pour combler car il n’y a plus de place.

    Comme dit à plusieurs reprises, je vous conseille d’alerter plutôt les concitoyens sur la multiplications des zones de bureaux de faibles hauteurs qui poussent partout en périphérie (ex : zone de la Banque populaire à St-Grégoire) et qui grignotent la ceinture verte tout en étant des aspirateurs à bouchons et à voitures. C’est bien beau de tout miser sur un bâtiment ultra moderne mais sa localisation incite à l’étalement urbain et à plus de pollution dans la métropole !!!!

  3. Mickaël B

    Quelles « tours les plus économes en énergie » ? En cherchant un peu sur le net, je vous en ai trouvé déjà deux qui consommeraient bien moins que les chiffres que vous avancez. La tour Triangle dont la consommation prévue est de 50 kwh/m2 sur les espaces de bureaux (http://tour-triangle.com/questions-reponses/#quoi-tour-triangle-projet-de-developpement-durable). La tour Elithis à Strasbourg, à énergie positive, devrait consommer 97 kwh/m2 (http://www.lemoniteur.fr/article/strasbourg-la-tour-a-energie-positive-se-debloque-30216368). Une rapide recherche sur le net permet en outre d’apprendre que dans les tours de la Défense, la consommation moyenne est de 200 kwh/m2 (https://www.lesechos.fr/industrie-services/dossiers/0201510934131/0203389272021-unibail-rodamco-lance-une-nouvelle-tour-a-la-defense-658906.php). C’est également l’occasion de découvrir la tour Majunga dont la consommation s’établit à 80kwh/m2 (http://tour-majunga.com/fr/tower) ou la tour Incity, 84kwh/m2 (http://www.lemoniteur.fr/article/une-tour-verte-de-200-metres-mise-en-chantier-a-lyon-20773890). On est donc bien loin, pour les tours les plus récentes des chiffres que vous avancez !

    Vous parlez ensuite de la consommation d’énergie liée à la construction. Je vous propose alors de découvrir la construction de tours en bois. Par exemple la tour Hoho à Vienne et es impressionnantes économies d’énergie pour sa construction (http://www.hoho-wien.at/Projekt/Okologische-Kennzahlen).

    Sur ces questions techniques, c’est un peu comme si vous disiez que vous vous déplacez le moins possible parce que c’est interminable en char à boeufs. Dépassé.

    Quant à la pénétration de la lumière liée à la verticalité… Je peux vous montrer des secteurs de Rennes où il n’y a pas de tours et où pourtant la luminosité est très mauvaise. A l’inverse, les tours les plus récentes sont étudiées justement pour réaliser des économies d’énergie liées à la luminosité et pour avoir le moins possible d’ombres portées. La luminosité n’est pas une question de verticalité ou d’horizontalité mais de conception et d’intégration.

    Sur la densité de Nice, de Bordeaux d’une part et de Vancouver et du Blosne, d’autre part.
    Vancouver est une des villes les plus vertes du monde et ambitionne de devenir l’une des plus vertes avec ses 200 parcs dont un de « seulement » 404 hectares… Je vous souhaite bien du courage pour trouver quelque chose de semblable à Bordeaux ou à Nice, même rapporté à la taille de la ville. Bordeaux, la mairie affiche 20m2 d’espaces verts par habitant, et Nice fait bien pâle figure avec ses 8m2, et Paris, avec son modèle haussmanien, à peine mieux avec 10m2 (https://books.google.fr/books?id=FM_CBAAAQBAJ&pg=PA44&lpg=PA44&dq=m2+d'espaces+verts+par+personne+vancouver&source=bl&ots=OasoQdT33f&sig=yyXrxnLSAK1D3uMcOgohayh2–M&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj6jd62kMTSAhViB8AKHXRuA8gQ6AEIGjAA#v=onepage&q=m2%20d'espaces%20verts%20par%20personne%20vancouver&f=false). C’est que pour être aussi dense que Vancouver, ces villes étalent leurs constructions basses ou moyennes. Alors oui, la densité brute est identique, mais le nombre d’espaces verts est bien plus limité… Merci la verticalité donc. Car c’est bien la densité nette (dont on retire les espaces verts) qu’il faut envisager plus que la densité brute (espaces verts compris). Votre raisonnement conduit à de mauvais raccourcis.
    A l’échelle de Rennes, c’est la même chose. Le Blosne est certes aussi dense que le centre-ville mais il est aussi beaucoup plus aéré. La verticalité a donc de sérieux avantages qu’il conviendrait de mieux valoriser.

    Enfin, sur la question de la « taille humaine », en quoi la verticalité est un obstacle aux échanges humains ? Je suis certain que pour les villages à taille humaine, le simple fait d’être une ville est déjà considéré comme un obstacle aux échanges humains… Bref, pour chaque collectivité à taille humaine il y a un obstacle à ce que la collectivité plus importante soit à taille humaine…
    Il faut sans doute préciser aussi que la densité nette permet la réalisation de TCSP plus efficaces (donc de meilleurs connexions entre les habitants), rentabilise l’installation de commerces ou d’équipements. En outre les opérations où il y a un peu de hauteur (on parle quand même de tours de moins de 100m !), sont des opérations mixtes et non mono-fonctionnelles. Donc je ne vois pas en quoi c’est contraire avec la préservation et même l’amplification des échanges humains.

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