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Non aux panneaux de publicité numériques

[Conseil métropolitain du 21 septembre 2017]

À l'occasion du rapport de développement durable de Rennes Métropole, nous sommes revenus sur la décision d'installer 30 panneaux de publicité numériques dans le centre de Rennes. Cette décision est en totale contradiction avec nos objectifs de transition énergétique et de réduction des déchets, et de la ville à taille humaine à laquelle nous aspirons.

Conseiller métropolitain

Conseiller municipal délégué aux Usages du numérique

 

Intervention de Laurent HAMON au nom du groupe écologiste 

citationIl est pour nous évident que si Rennes Métropole veut devenir une institution phare en matière de développement durable, il faut qu’elle s’y applique dans toutes ses politiques publiques et à travers tous les projets qu’elle soutient. De façon cohérente et sans contradiction.

À ce titre, j'aimerais revenir sur une décision prise au Bureau de Rennes Métropole le 1er juin dernier. Il s'agit d'un avenant au contrat avec l'entreprise Clear Channel concernant le remplacement de 30 panneaux publicitaires classiques par 30 panneaux publicitaires numériques au sein de la Ville de Rennes.

Les élu-e-s écologistes ont voté contre cette décision car elle est parfaitement contradictoire avec les objectifs de transition énergétique affirmés par notre Métropole. En effet, la consommation électrique d'un tel panneau numérique – format abribus – équivaut à la consommation annuelle d'un foyer de trois personnes, hors chauffage et eau chaude. La consommation électrique d'un panneau 4 par 3, comme ceux que nous avons aux entrées de la ville de Rennes équivaut à celle de trois foyers. Pour le dire plus simplement, sur une année, c'est la consommation d'une centaine de personnes que représentera l'installation de ces 30 panneaux. Et il faudrait bien sûr ajouter à la consommation énergétique liée à leur fonctionnement, la prise en compte de leur fabrication, de leur recyclage et de leur durée de vie. Il faut aussi tenir compte du fait que cette installation de 30 panneaux n'est certainement qu'une première, ils risquent bien de se multiplier à l'avenir, augmentant d'autant la facture d'énergie.

La Charte verte du numérique que nous avons votée à l'unanimité en 2016, nous engage pourtant « à diminuer l’empreinte carbone directe des TIC de 30 % par ville dans les 10 ans ».

Aussi, pour mener à bien les objectifs que nous nous sommes fixés ensemble, nous demandons que l'avenant au contrat avec Clear Channel soit revu afin d'empêcher l'installation de ces panneaux.

Nous connaissons parfaitement les éléments de langage fournis aujourd'hui par les publicitaires et parfois relayés par les élus des collectivités en mal d'argument face à des installations qu'ils ont du mal à assumer. Ces arguments visent à faire croire qu'un panneau numérique serait plus écologique que des affiches papier. C'est évidemment tout à fait inexact tant la production d'un seul de ces panneaux numériques est énergivore et destructrice de l'environnement. Nous constatons avec satisfaction que Clear Channel connaît le concept de « cycle de vie d'un produit » mais il est dans ce cas utilisé à très mauvais escient et de façon erronée.

La meilleure énergie reste bien celle que nous ne consommons pas. Et la publicité est une dépense inutile.

Les trois quarts des Français trouvent la publicité envahissante. Elle est emblématique d'une société où la consommation est reine. Et les recettes de Clear Channel se font sur des publicités privées qui incitent pour la plupart à consommer toujours plus, et des produits avec toujours plus d'emballage. Cela va à l'encontre de la démarche Zéro Déchet Zéro Gaspillage dans laquelle nous sommes également engagés.

Au lieu d'installer de nouveaux panneaux nous devrions au contraire être dans une démarche de réduction drastique de la présence de la publicité.

Et ce, afin de construire la ville à taille humaine à laquelle nous aspirons, une ville où la notion d'espace public retrouve sons sens premier.

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