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Orientations budgétaires : amplifier la transition écologique

[Conseil municipal du 4 décembre 2017]

Le rapport d'orientations budgétaires de la Ville est l'occasion d'un large débat en conseil municipal. L'occasion pour nous d'appeler à amplifier la transition écologique. Et d'y mettre les moyens nécessaires.

 

 

Conseiller municipal

 

Intervention de Laurent HAMON au nom des élu-e-s écologistes

Nous assistons à un mouvement de recentralisation sans précédent. En juillet dernier, le nouveau président Emmanuel Macron affirmait devant le congrès sa volonté de construire un « pacte girondin » entre l’État et les collectivités locales. Ce beau discours, qui devait annoncer un nouvel acte de décentralisation, est aujourd’hui battu en brèche par le cumul de mesures qui mettent en cause l’autonomie financière et donc politique des collectivités locales.

Cette recentralisation est à contre-courant du sens de l’histoire. Elle est aussi une exception française en Europe, puisque tous nos voisins ont compris depuis longtemps que la large autonomie des collectivités locales était un véritable atout pour le dynamisme économique et social des États. Ce sont aussi les collectivités locales qui sont aujourd’hui aux premières loges pour mener la transition écologique.

La présidence jupitérienne prend ici tous son sens dans ce qu’elle a de plus autoritaire et descendant. Elle l’emporte clairement sur les grands discours progressistes et pro-européens du camp de La République En Marche. Cette mise au pas des collectivités est d’autant plus insidieuse qu’elle ne s’appuie plus prioritairement sur la Dotation Globale de Fonctionnement, qui constitue de loin la principale dotation de fonctionnement de l'État aux collectivités, mais elle emprunte des voies détournées :

  • Tout d’abord la remise en cause des ressources propres comme la Taxe d’Habitation.
  • Ensuite les coups de rabots imposés à certains outils des politiques locales tels les offices de logement sociaux et plus récemment les Agences de l’eau.
  • Et enfin, le comble, l’encadrement prévu de l’évolution des dépenses de fonctionnement à 1,2 %, qui empêchera tout simplement les collectivités locales de créer de nouveaux services aux habitants alors même que les besoins sont toujours plus forts. Par exemple, il est impossible pour Rennes Métropole de tenir un tel objectif puisque la mise en service de la seconde ligne de métro fera évidemment grimper le budget de fonctionnement. Car faut-il le rappeler, un budget de fonctionnement ce n’est pas une charge inutile qu’il convient de réduire, mais ce sont bien des personnes qui travaillent au quotidien pour assurer les services à la population.

 

Baisse de l’autonomie fiscale, baisse des moyens de fonctionnement et encadrement de l’action des collectivités, l’offensive est complète, aussi méthodique que son air est innocent. Elle pourrait bien saper clairement les bases de la libre administration des collectivités. Elle mettra à mal c’est certain la capacité de certaines collectivités à agir au risque d’accentuer les inégalités territoriales.

 

Après les offensives menées par les présidents Sarkozy et Hollande, cette nouvelle vague d’attaques est d’autant plus critiquable que ce sont les collectivités locales qui, depuis trois ans, ont porté l’essentiel des succès engrangés dans la lutte contre les déficits publics. Les territoires ont réussi à faire la preuve de leur sens des responsabilités, parfois du sacrifice, à en rendre jaloux les autres blocs de la dette nationale et en premier lieu l’État dont le déficit, lui, ne se résorbe toujours pas.

 

Cette nouvelle vague d’attaque est d’autant plus critiquable qu’elle est inefficace. Sous la mandature de François Hollande, la baisse des dotations aux collectivités a eu pour effet une réduction de leur volume d’investissement de 6,6 %. Or les collectivités locales sont à l’origine de 75 % de l’investissement public en France et cet investissement est parmi les grands pourvoyeurs d’emplois.

 

Le problème n’est pas pour nous la notion de responsabilité budgétaire, ni l’objectif de réduction des déficits publics que nous pouvons partager.

Mais nous dénonçons cette philosophie, qui consiste à mener des coupes sans discernement, sans levier incitatif pour réorienter les moyens vers les enjeux prioritaires de notre temps et particulièrement en matière d’écologie, de solidarité et d’emplois.

 

Ce n’est d’ailleurs pas complètement un hasard si les chiffres de l’emploi à Rennes en 2017 sont plutôt positifs. Le taux de chômage s’y établit désormais à 7,3 % soit deux points sous la moyenne nationale. Le choix constant, depuis plusieurs années, d’un investissement public élevé sur notre territoire y est pour beaucoup dans ce résultat.

 

Et il faut noter aussi que cet investissement ne s’est pas non plus fait au détriment de la bonne gestion budgétaire. Notre ville est toujours en bonne santé financière et cela nous donne des perspectives pour l’avenir.

 

Cela fait désormais trois ans depuis les élections de mars 2014, que nous agissons pour changer la ville. En matière de démocratie, de déplacements, d’environnement, d’urbanisme, de solidarité, de cultures… de grands changements se font jour pour faire de Rennes la ville écologique et solidaire du 21ème siècle.

Le bon cap a été pris mais il reste encore beaucoup à faire pour améliorer le cadre de vie, végétaliser notre ville, la rendre plus apaisée, lutter contre la pollution de l’air, préserver la santé des habitants, mener la transition énergétique, créer les emplois dans les quartiers et lutter inlassablement contre toutes les inégalités. Autant de chantiers que la bonne santé financière de notre ville nous permet donc de mener avec ambition.

Aujourd’hui, c’est bien sur les enjeux de transition écologique que les Rennaises et les Rennais nous interpellent. Nous devons apporter des réponses fortes et pourtant ces dernières années les moyens ont encore été trop timides sur ces enjeux. Gageons qu’en 2018, le plan alimentaire durable, les plans vélo et piéton, nos actions en faveur de la transition énergétique, le soutien aux associations pour les accompagner dans des stratégies de développement durable, pour ne citer que ces quelques exemples, soient autant de priorités qui s’inscriront plus fortement  dans le budget 2018 de notre ville.

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