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Tendre l’oreille à la contingence

[Vernissage de l'exposition de Félicia Atkinson à La Criée - 31 mars 2017]

En cinq couplets et un refrain, une exposition personnelle peut s'annoncer. C'est ainsi que Sophie Kaplan, directrice de notre centre d'art contemporain municipal, La Criée, a choisi de présenter l'exposition de ce soir pour correspondre au plus près à la vibration musicale de tout ce que fait l'artiste Félicia Atkinson.

Pendant deux mois pleins, cette exposition va nous proposer de nous promener, portés par un Spoken Word (une chanson parlée) qui pourra être sons, jeu, film muet ou encore reflet…

Il n'est pas de narration ici qui puisse ancrer une subjectivité grâce à ce que Paul Ricoeur appelait la « mise en intrigue ». Félicia Atkinson ne se raconte pas, pas davantage qu'elle aurait des « choses » à raconter.

L'exposition invite au vagabondage dans un désert tout sauf mort ou silencieux. Le récit demande seulement de tendre l'oreille à la contingence, à ce qui pourrait être ou ne pas être, à ce qui surprendra toujours nos efforts de subjectivité désireuse d'échapper à la dispersion.

Stimulés par des totems, des voix dans un désert inhabité, nous qui sommes jetés dans l'existence sans l'avoir choisi, nous nous rappelons que sous le parcours biographique qui nous ancre provisoirement, le flux du réel est là, sur lequel nous surfons, glissons, traversés par lui, autant à travers le temps que malgré le temps.

Nous nous tenons dans le temps long, l'histoire en définitive au sens le plus large, là est le récit sans narration mais spoken word, chanson parlée.

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