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Avec le MUR, nous continuons à œuvrer pour la reconnaissance du street art

Le MUR de Rennes a été inauguré par l'artiste Blek le rat en présence de Benoît Careil, adjoint à la Culture. Avec ce mur, nous continuons à œuvrer pour la reconnaissance du street art.

 

(c) Le Télégramme

 

Bonjour à toutes et à tous

 

C’est un immense plaisir pour moi d’introduire ce temps de parole pour l’inauguration du Mur de Rennes et le vernissage de l’œuvre de Blek le Rat.

Un tel évènement méritait de rassembler des personnes qui comptent dans cette histoire récente des Murs d’art urbain, et en particulier celui de Rennes.

J’ai donc l’honneur de vous présenter les 4 éminentes personnes qui s’exprimeront après moi. Malheureusement que des hommes. La place réduite des femmes dans l’histoire de l’art  est une incongruité scandaleuse, qu’il nous appartient à tous et toutes de réparer et je sais que l’association Le Mur de Rennes y sera très attaché.

Permettez moi donc de vous présenter, deux des initiateurs avec l’artiste Thom Thom du premier Mur il y a 10 ans à Paris : Jean Faucheu , Président de la Fédération de l’Art Urbain et Bob Jeudy, Président de l’association du MUR Oberkampf Paris, Patrice Daniello, fin connaisseur et passionné de street art et premier Président de l’association Le MUR de Rennes, et Blek le Rat, artiste plasticien aujourd’hui mondialement connu, qui étrenne notre Mur et qui a accepté d’être son parrain.

L’histoire du Mur de Rennes a commencé véritablement il y a deux ans. Je souhaitais poursuivre la reconnaissance du street art que je menais dans la politique culturelle de la Ville et lui donner plus de visibilité, plus d’occasions d’être partagé et apprécié par toutes et tous.

Avec Fatima Salhi de la Direction de la culture que je tiens à remercier, nous avons réuni des acteurs du street art pour leur soumettre notre idée de réaliser à Rennes un Mur d’art urbain dans l’esprit du Mur d’Oberkampf.

Quelques dizaines d’heures d’échanges après, nous avons décidé collectivement la création d’une association qui animerait le Mur, aurait la responsabilité du projet et la liberté de la programmation artistique. La Ville de Rennes a investit 47 000 € pour le support et s’engage à soutenir l’association avec une subvention annuelle de 10 000 €.

Cette démarche réussie de co-construction d’un projet culturel est, vous le savez, l’un des fondements de la politique culturelle que je défends, à l’instar des États Généraux de la Culture de 2015, des nombreuses évolutions qui ont suivi dans la vie culturelle locale ou du dispositif d’éco-responsabilité engageant tout le secteur culturel à réduire chaque année un peu plus son impact sur l’environnement.

 

Le street art, parce qu’il est issu d’une contre-culture libertaire revendiquant un art éphémère, populaire et totalement libéré des cadres institutionnels, a été et est toujours aujourd’hui le nid où s’émancipent et grandissent des personnalités artistiques uniques, à l’esprit libre et indépendant, et dont l’inspiration se nourrit en permanence du monde qui les entoure.

 

Art de la rue, l’accessibilité gratuite et immédiate du street art a contribué à faire aujourd’hui son succès populaire.

L a renommée de la Biennale d’art urbain Teenage Kicks qui ouvrira ses portes à Rennes le week-end prochain, l’attachement très fort des Rennaises et des Rennais aux œuvres d’artistes locaux comme WAR!, le nombre de projets de réalisation d’œuvres de street art déposés et plébiscités au Budget participatif de la Ville démontrent à quel point ce qu’on appelle le street art, l’art urbain ou l’art mural doit aujourd’hui être un axe incontournable de la politique culturelle rennaise.

Cette place nouvelle doit s’accompagner de moyens pour respecter le travail des artistes. Tous les artistes invités à réaliser une œuvre sur le Mur de Rennes seront défrayés de leurs frais et toucheront une rémunération d’environ 600 €. Tous les artistes qui répondent également aux nombreux appels à projets en street art de la Ville sont également rémunérés, sur une base forfaitaire de 50 à 60 € le mètre carré.

L’art urbain reste pour beaucoup de street artistes une contre-culture et c’est une bonne chose. La société a plus que jamais besoin de contre-culture qui l’oblige à se remettre en cause et à prendre en compte la diversité des identités culturelles qui doivent se respecter pour vivre ensemble.

Le street art, cinquante ans après son apparition, a fait bouger les lignes du monde de l’art et les esthétiques du monde contemporain. Sans Keith Haring, Ernest Pignon-Ernest, Jean-Michel Basquiat, Poch ou Blek Le Rat, le monde d’aujourd’hui serait moins beau et nous serions démunis pour éprouver nos sensibilités à travers des œuvres qui expriment nos sentiments.

Merci à tous les membres de l’association Mur de Rennes pour leur engagement. Merci à Blek le Rat d’avoir accepté d’être le parrain du Mur rennais et d'avoir réalisé sa première œuvre. Longue vie au Mur de Rennes. Puisse-t-il créer du commun entre nous et nous aider à vivre en humanité dans notre monde en bouleversement.

 

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