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Baisse des APL : antisociale et dangereuse

[Conseil métropolitain du 21 septembre 2017]

Si la baisse des APL est clairement antisociale, elle met aussi à mal les bailleurs sociaux. Le projet Logement du Président de la République accentuera davantage la précarité énergétique des plus fragiles, retardera la transition énergétique et risque de remettre en cause notre projet de loyer unique.

Conseillère métropolitaine

 

Intervention de Sylviane RAULT au nom du groupe écologiste 

citationNous ne pouvons que nous opposer à la baisse annoncée des APL.

Alors que vivent plus de 66 000 étudiants sur notre Métropole et qu'un ménage sur six vit sous le seuil de pauvreté, les APL sont une ressource essentielle pour les habitants.

Conscient que l'annonce de la baisse des APL ferait réagir fortement les Français, le Président de la République a vite cherché à temporiser sa première annonce en affirmant alors que cette baisse des APL serait compensée par un effort fait sur les loyers par les propriétaires. On aurait voulu pouvoir rire de cette nouvelle annonce à l'emporte pièce, sauf qu'elle s'est en fait retournée contre les bailleurs sociaux qui sont aujourd'hui au final les seuls contraints à consentir des baisses de loyer. Et là on ne rit plus du tout. Les mesures annoncées par Emmanuel Macron sont doublement antisociales. Pour un locataire de logement social, il n'y a aucun gain puisque cette baisse viendrait simplement compenser celle des APL.

Par contre, pour les bailleurs sociaux, ce sont des revenus en moins, donc des capacités d'investissement en moins pour la maintenance des logements, leur réhabilitation énergétique, et la construction de nouveaux logement sociaux.

Et l'État fait ainsi les poches du logement social en finançant ses économies sur son dos.

Derrière ces mesures d'économies, c'est aussi potentiellement le projet de loyer unique, permis par la loi ALUR et que nous prévoyons d'expérimenter ici à Rennes Métropole, qui peut être mis à mal.

En plus de ces mesures antisociales, Emmanuel Macron a aussi annoncé un assouplissement des normes environnementales en zones tendues pour la production de logements. Cette annonce est passée un peu plus inaperçue, elle n'en est pas moins gravissime.

Alors que nous devons tenir les objectifs des accords de Paris pour lutter contre le changement climatique,

alors que les bailleurs sociaux sont fortement engagés dans la réhabilitation et la production de logements peu énergivores qui permettent de réduire fortement les charges des locataires et la précarité énergétique,

alors que le secteur de la promotion est de plus en plus engagé dans des démarches de construction qui allient coût maîtrisé et qualité des logements, Emmanuel Macron détricote les efforts faits et renvoient aux calendes grecques les beaux discours sur le changement climatique. On dirait du Sarkozy sur le ton « l'environnement ça commence à bien faire ».

Contrairement à l'analyse d'Emmanuel Macron, le programme local de l'habitat de Rennes Métropole démontre que des exigences publiques fortes en matière de qualité du logement, associées à une intervention publique forte en faveur de la mixité sociale, ont un effet bénéfique sur l'ensemble du marché de l'immobilier. La dérégulation n'est pas le seul outil pour provoquer un choc de l'offre, des normes sociales et environnementales exigeantes le permettent tout autant, c'est ce qu'a démontré notre métropole sur ces vingt dernières années et elle est reconnue nationalement pour cette action.

Enfin, si des annonces ont été faites sur l'hébergement d'urgence, à ce jour nous sommes loin d'apercevoir le début d'un résultat. À Rennes, cela fait des mois que les moyens de l'hébergement d'urgence ne suffisent plus à répondre aux besoins, en particulier pour les personnes migrantes. Il est plus qu'urgent que la Préfecture réagisse et se donne enfin les moyens de remplir ses obligations d'hébergement et d'accueil.

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