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En route vers l’autonomie alimentaire

[Conseil municipal du 1er avril 2019]

Sur les terrains municipaux de la Prévalaye s'installeront bientôt des paysans qui pourront cultiver, éduquer à l'environnement, et pourquoi pas alimenter les cantines. C'est un pas de plus pour une agriculture locale et de qualité. Un pas de plus vers l'autonomie alimentaire.


 

 

Conseiller municipal

Co-président du groupe écologiste

Vice-président de Rennes Métropole en charge de l'ESS

 

Intervention de Matthieu THEURIER au nom des élu·e·s écologistes et citoyen·ne·s 

 

En juin 2016, les écologistes avaient proposé au Conseil municipal un vœu  pour que Rennes s‘engage dans une stratégie en faveur de l’autonomie alimentaire.

Ce vœu adopté à l’unanimité était venu compléter les nombreuses actions déjà menées en ce sens à travers le plan alimentaire durable qui engage notre ville vers le cap d’une alimentation 100% bio et locale. La recherche d’autonomie alimentaire est un impératif pour les grands territoires urbains.

Il n'y a encore pas longtemps, la question de l’autonomie alimentaire des villes était peu posée. Pour une raison simple, c’est que dans l’après seconde guerre mondiale, l’agriculture s’est mondialisée. Au point d’atteindre des niveaux d’aberration inégalée. Par exemple, on estime qu'une surface équivalente à celle du département d’Ille-et-Vilaine est cultivée en soja au Brésil pour venir ensuite nourrir le bétail élevé en Bretagne. Sans le Brésil, pas d’agriculture bretonne. Dans le même temps, la Bretagne produit énormément, beaucoup plus que ce dont ont besoin les Bretons. Mais sa production ne reste pas en Bretagne, elle repart dans le monde entier, vendue souvent à un prix qui ne permet même pas aux agriculteurs bretons de vivre dignement de leur métier.

Ce modèle est destructeur des cultures vivrières et de la forêt amazonienne au Brésil, il est destructeur de l’environnement en Bretagne et provoque chaque année la disparition de centaine de fermes bretonnes qui mettent la clé sous la porte à cause de prix trop bas. Résultat, on estime qu’une ville comme Rennes ne dispose que de trois jours, je dis bien trois jours, de stock alimentaire.

Si nous ne sommes pas alimentés par l’extérieur, en trois jours, les magasins sont vides, alors même que nous disposons de milliers d’hectares agricoles productifs sur la métropole. Quel paradoxe et surtout quelle aberration !

Ce modèle mondialisé, adossé à une économie fortement dépendante du pétrole est à bout de souffle et il est urgent de le réinventer par une stratégie d’autonomie alimentaire territoriale.

La délibération que nous avons à débattre ce soir va pleinement en ce sens puisque nous validons ce soir le principe d’une attribution de terres agricoles situées sur la Prévalaye à de nouveaux agriculteurs qui viendront s’y installer.

Ces nouvelles installations se feront prioritairement sur des productions vivrières, qui pourront, pourquoi pas, alimenter demain notre restauration collective en produits locaux, de qualité, respectueux de notre environnement comme des conditions de travail des paysans. C’est une grande avancée !

Le développement de cette agriculture périurbaine que nous favorisons aujourd’hui sur la Prévalaye pourra s’amplifier dans les années à venir et aussi, pourquoi pas, essaimer sur d’autres sites comme celui de la Lande du Breil où le potentiel agricole est fort, en lien d’ailleurs avec des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire, comme le chantier d’insertion des Jardins du Breil.

En tout cas, c’est notre proposition. Que ce site puisse rapidement à son tour être envisagé pour le développement de nouvelles installations agricoles.

Ce développement pourra aussi être associé à des projets d’agriculture urbaine en cœur de ville et l’on pense notamment à ceux qui pourraient naître sur Baud Chardonnet, le Blosne ou Beauregard par exemple.

La délibération que nous votons ce soir vise aussi à l’installation d’un projet sur l’ancienne ferme de la Basse-Cour au cœur de la Prévalaye. Ce bâtiment agricole est situé au pied de l’actuel Jardin des Mille Pas et il se prête parfaitement à la création d’un projet tourné vers l’agriculture, la transformation agricole, la vente directe, et qui associe des activités d’accueil du grand public ou des activités culturelles de préférence, bien sûr porté là aussi par des acteurs de l’Économie Sociale.

 

Vous l’avez compris, la délibération que nous votons ce soir nous donne le sourire car elle est, je le redis, un grand pas pour le développement d’une agriculture locale et de qualité au plus près de notre ville.

Nous ne pouvons qu’émettre le vœu que ce type de projets irrigue désormais l’avenir de la Prévalaye. Cet espace naturel magnifique, aux portes de la Ville, en bord de Vilaine, a besoin d’une véritable stratégie de développement écologique. Rendre la nature accessible à tous est une chose, consolider la présence de la nature en est une autre. Les deux peuvent aller ensemble à condition de regarder le site de la Prévalaye d’abord au regard de ses richesses naturelles.

Il nous faut profiter de cet appel à manifestation d'intérêt pour concilier les différents enjeux d'un développement économique, social et écologique en privilégiant un dialogue entre les différents acteurs, qu'ils soient simples utilisateurs ou usagers, mais aussi avec les associations et demain avec ces agriculteurs.

 

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