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Interdisons les expulsions d’enfants

[Conseil municipal du 14 octobre 2019]

Après la brutale expulsion de 33 Géorgiens dont 5 enfants scolarisés, nous appelons à constituer une Zone d'Enfance Protégée comme le revendique un collectif de parents et d'enseignants.

Conseillère municipale Intervention de Valérie FAUCHEUX au nom du groupe écologiste  et citoyen

"Fusée de détresse" porté par l'association l'Âge de la tortue, est un formidable projet qui a pour intention de  valoriser l'apport des personnes migrantes dans la vie de nos cités, de démontrer la richesse de la coexistence de cultures différentes, réel facteur de développement et non source de tensions et de repli sur soi.

Ce projet, dans la continuité de l'Encyclopédie des migrants, porteur de tant de valeurs humanistes auxquelles nous sommes attaché.e.s, ne peut que recevoir notre soutien plein et entier.

Il sera ce soir notre refuge moral dans une période marquée à Rennes par une escalade supplémentaire inacceptable des politiques hostiles, toujours plus inhumaines envers les exilé.e.s.

Depuis vendredi 4 octobre, cinq chaises sont vides dans plusieurs classes sur notre territoire rennais. Au collège du Landry, au collège Françoise Dolto de Pacé, au lycée Jean Jaurès, au lycée Pierre Mendès France. Cinq chaises vides dont celle de celle de Mariam, 8 ans,  à l'école du Contour Saint-Aubin. Vide suite à une opération de police organisée sous l'égide de Frontex par la préfecture d'Ille-et Vilaine.

Mariam et sa mère ont été arrêtées au petit matin, manu militari. Embarquées avec 31 autres compatriotes géorgiens en provenance de toute la Bretagne sans pouvoir exercer leur droit, notamment celui de contacter leur avocat ou les associations qui leur viennent en aide. Embarqués alors que la plupart d'entre eux étaient encore en train d'exercer un recours à la Cour nationale du Droit d'asile.

Tous les témoignages convergent, ceux des exilé.e.s, des militant.e.s présents, des personnels des CADA ou de la communauté Emmaüs de Vannes. Tous racontent la brutalité des arrestations.

Des dizaines de  policiers à Pacé pour arrêter une mère enceinte de 7 mois et sa fille de 11 ans qui ont été conduites en pyjama et chaussettes au Centre de rétention.

Des dizaines de policiers pour une famille hébergée dans notre dispositif Coorus et dont le fils autiste pris de panique s'est retrouvé neutralisé, menotté, maintenu au sol par cinq agents.

Toutes celles et ceux qui ont tenté de résister se sont retrouvés bâillonnés avec un morceau de scotch, les pieds et mains entravés.

Désespérés, deux d'entre eux n'ont pas trouvé d'autres solutions que de s'ouvrir les veines sous les yeux de leur famille.

Une enfant terrorisée s'est cachée et a posé sur papier ses angoisses, écrit qui est en cours traduction au moment où je vous parle. Cela ne vous rappelle rien ?

Des familles séparées, embarquées en quelques heures, juste le temps de rassembler quelques affaires. Cela ne vous rappelle rien ?

Cette opération a été orchestrée par les services de l'État français avec le soutien du gouvernement géorgien puisque des policiers de ce pays étaient présents sur le tarmac de l'aéroport de Saint-Jaques. Soutien sans doute obtenu par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lors de sa rencontre  avec Mme Zourabichvili, présidente de Géorgie à Paris le 27 août dernier.

Depuis cette arrestation barbare, d'autres chaises sont vides : celles des enfants qui désormais ont peur d'être expulsés dans les mêmes conditions. Et comment les rassurer alors que d'autres opérations sont annoncées dans les prochaines semaines ?

Des collectifs citoyens de parents d'élèves et d'enseignants rennais sont profondément affectés et démunis devant de telles exactions orchestrées par l'État français, qui désormais reprend le crédo tant de fois véhiculé que celles et ceux qui aident, accueillent, hébergent, alimentent la faconde raciste.

En tant qu'élu.e.s,  nous devons soutenir leur revendication de faire de nos écoles, de nos collèges et de nos lycées, une Zone d'enfance protégée. Et ainsi interdire toute expulsion d'enfants scolarisés et de leur famille.

Parce que ces familles fréquentent nos écoles ou vivent dans nos centres d'hébergement, Madame la maire, toutes et tous attendent le soutien de notre majorité dans leurs actions, leur pétition, leurs adresses au gouvernement en faveur de l'hébergement inconditionnel, du droit au travail et surtout à une vie digne et régulière sur le territoire.

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