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La formation, levier essentiel de la transformation écologique

gaelleGaëlle ROUGIERConseillère municipale

Vice Présidente de Rennes Métropole
en charge
de la Jeunesse
et de la Formation

Les rencontres régionales de l'information jeunesse se sont déroulées à Rennes les 6 et 7 novembre. Gaëlle Rougier a été invitée à ouvrir ces journées d'échanges. L'occasion de rappeler le rôle de la formation dans l'évolution sociale et sociétale, avec le projet écologiste pour fil conducteur.
Discours de Gaëlle Rougier 
Je vous remercie de votre invitation et je suis ravie d'ouvrir avec vous ces journées régionales. Je suis nouvelle élue à la jeunesse et à la formation à Rennes Métropole, je suis également conseillère régionale de Bretagne depuis 2010 et, à ce titre, je connais également la politique régionale en matière de formation. Georgette Bréard, cet après-midi, vous en parlera bien mieux et plus longuement, mais je souhaiterais rapidement revenir sur les nouvelles compétences des régions en matière de formation, notamment sur la mise en œuvre du Service public régional de l'orientation dont il va être question aujourd'hui.Accompagner les mutations

Je suis élue écologiste et la formation pour nous écologistes est un levier essentiel de la transformation écologique de la société. Elle ne doit pas être seulement en adéquation avec les besoins des entreprises sur laquelle se focalisent souvent les politiques publiques mais bien en adéquation avec les besoins des populations et des territoires au sens large, dans une démarche de progrès social et sociétal.
Et, de notre point de vue, sur notre territoire, toutes les filières économiques ne se valent pas. Certaines filières traditionnelles bretonnes, je pense notamment à l’agro-industrie, doivent évoluer vers plus de progrès social. Certaines filières, émergentes, sont au contraire une opportunité qu’il ne faut pas rater. Ainsi le plan bâtiment durable, porté par la Région mais également par la Maison de l'emploi, de l'insertion et de la formation professionnelle du bassin de Rennes (MEIF), ainsi que l'ESS et les éco-activités, portées par mon collègue élu Matthieu Theurier à la métropole, doivent permettre de former aux nouveaux métiers et d'accompagner les mutations dans les filières de l’énergie, du bâtiment et de la construction.
Orienter à tous crins des jeunes gens vers des filières en tension où les conditions de travail sont dégradées et les salaires faibles est contre-productif. Il faut aussi se poser la question du sens du travail et des formations pour les jeunes à titre individuel, mais aussi pour la société à titre collectif.
Et c'est là où le service public d'orientation régional est primordial.

 

Un service public régional de l'orientation pour des emplois durables

Un service public régional de l’orientation, en lien avec les professionnels de l'information jeunesse, est un atout majeur pour faire bouger les choses en amont et mener les jeunes vers des formations de qualité et des emplois durables et établir une stratégie partagée au plus près de la diversité des besoins des jeunes bretons, lutter contre les inégalités et les discriminations, contre les représentations genrées aussi fille/garçons très présentes dans les milieux éducatifs.

 

Penser la formation comme un socle social

Je tiens à rappeler ici que la formation doit être avant tout un outil d’émancipation et d'épanouissement personnels. Ces notions portées par l'éducation populaire sont souvent mise de côté, dans un contexte économique tendu, au profit de la simple « employabilité », notion très prisée ces temps-ci. A cette notion « d’employabilité » je préfère celle « d’éducabilité ».
Être convaincu de l’éducabilité de tous, tout au long de la vie, c’est penser la formation comme socle social, c’est se soucier de l’accès à la formation et à l'information pour tous et se préoccuper des parcours tout autant que des compétences. Sur le principe c'est revendiquer la capacité de toutes et tous à se former et d'être acteur de son parcours de formation. C'est revendiquer le droit d'expérimenter, le droit aussi de se tromper et de rebondir.
C'est coller aux réalités du monde professionnel qui est souvent fait d'une succession de discontinuités, d'allers-retours et de changements de cap car les parcours sont de plus en plus accidentés.

 

Valoriser l'engagement des jeunes

Mais pour les jeunes, la formation, elle se fait aussi sous des aspects informels. C'est pourquoi tout ce qui favorise l'engagement des jeunes et la réalisation de leurs projets doit être valorisé. C'est ce que fait Rennes Métropole, à son échelle, puisque la formation et la jeunesse sont des compétences optionnelles, mais où la question de la participation des jeunes a été identifiée comme un enjeu majeur. Les bourses à ID et Parcours sont des dispositifs qui valorisent cela, c'est aussi le soutien financier aux associations d'éducation populaire pour les formations babysitting, BAFA, service civique, le soutien aux juniors associations, etc. Les coopératives jeunesse de services (CJS) aussi sont un merveilleux dispositif d'engagement pour les jeunes et concourent à leur insertion à long terme dans la vie de la cité et à leur émancipation. Mon ambition serait que ce modèle puisse essaimer dans la métropole.

 

La Fabrique citoyenne : associer aussi les jeunes à l'élaboration des politiques publiques

Début octobre à Rennes a été lancée la Fabrique citoyenne, qui va se poursuivre jusqu'en janvier et qui verra des projets déjà en cours mis au débat public, mais aussi de nouveaux projets venus des habitants émerger et être discutés et valorisés. Ce sera aussi notamment l'occasion d'expérimenter le budget participatif des conseils de quartier et les conseils de témoins tirés au sort qui vont suivre les politiques d'aménagement en cours. Tout cela pour aboutir à la rédaction d'une charte de la démocratie locale afin de renouveler le contrat social qui lie élus et habitants.
La participation du CRIJ à cette aventure est primordiale pour travailler à co-construire la ville avec les jeunes, à faire avec et par eux. C'est aussi pourquoi je souhaite lancer au sein de Rennes Métropole, un travail sur l'agenda 21 jeunesse, afin d'associer les différentes jeunesses du territoire à l'élaboration des grandes politiques métropolitaines.

 

Travailler en réseau et mailler le territoire

Enfin, la politique d'information jeunesse c'est aussi un outil d’aménagement du territoire et un outil de lutte contre les inégalités. Le maillage du territoire est important et les Points Information Jeunesse (PIJ), les Bureau Information Jeunesse (BIJ) doivent être préservés et développés là où les besoins sont recensés. Devant l'impossibilité pour certaines communes d'ouvrir un PIJ, Rennes Métropole a lancé, en complémentarité des PIJ existants, le dispositif des animateurs relais qui rencontre un franc succès. Et là le CRIJ est un une ressource majeure pour les communes que je travaille à valoriser auprès des élus, notamment des nouveaux élus. Un réseau des animateurs relais a été mis en place et permet l'inter-connaissance, la mutualisation d'expériences et de pratiques. Ce réseau croise parfois celui des élus, que j'anime à la métropole, qui vise également à échanger, harmoniser les politiques jeunesse des communes de la métropole.
Le réseau des animateurs relais est une belle expérience mais qui doit bien s'articuler avec le réseau Information Jeunesse. Je souhaiterais que nous ayons d'ailleurs une rencontre commune afin de croiser les regards et voir comment les deux réseaux peuvent travailler non pas en parallèle mais bien en complémentarité.Je vous souhaite de belles journées d'échange et de réflexion, merci.

 

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