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La solidarité, enjeu numéro un du déconfinement

[Conseil municipal du 18 mai 2020]

La période de confinement a été le révélateur de la France de la précarité qui peut basculer à tout moment dans la misère. Il nous faut d'urgence mettre en œuvre des solutions pérennes pour prendre soin des plus vulnérables, des personnes en errance, des exilé.e.s.

Conseillère municipale

Vice Présidente de Rennes Métropole en charge de la Jeunesse

Intervention de Gaëlle ROUGIER au nom du groupe écologiste  et citoyen

La période de confinement a été le révélateur de la France de la précarité qui peut basculer à tout moment dans la misère. Les enquêtes annuelles du ministère de la Santé et les analyses de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale montrent que depuis plus de dix ans, un gros tiers de la population est confrontée à cette situation. Depuis le confinement, les digues ont lâché. Aux 5,5 millions de personnes qui reçoivent ponctuellement ou régulièrement une aide alimentaire en France, viennent désormais s’ajouter les travailleurs précaires, les saisonniers, les étudiants privés d’emploi pendant le confinement, les parents dont le budget nourriture explose avec la suspension des cantines scolaires, les salariés au chômage partiel, les travailleurs indépendants au chômage technique…

A Rennes, plus d’une vingtaine d’associations avec leurs bénévoles, dans le cadre d’une coordination inédite ont su répondre aux besoins. Appuyées par la Ville qui leur a attribué des locaux temporaires et trouvé des financements par le biais de Solidaren, et aidées du Crous qui a fourni des camions et des agents pour les livraisons, ces associations sont parvenues à fournir des colis alimentaires à des centaines de foyers sur notre territoire. Malgré la situation périlleuse, la détermination des structures associatives, l’extraordinaire mobilisation des bénévoles associées à l’engagement des services de la ville a aidé bon nombre des habitants de notre ville. Nous tenons à les remercier, toutes et tous.

Le confinement passé, la crise économique qui va suivre va faire perdurer l’onde de choc. L’aide dite « exceptionnelle » attribuée par l’Etat aux familles bénéficiaires du RSA et de l’allocation de solidarité est une bien piètre réponse.

En effet, elle ne sera pas renouvelée et ne concerne pas les jeunes de moins de 25 ans, ni les personnes isolées qui pourtant vivent des minimas sociaux.

C’est pourquoi les associations doivent bénéficier d’un soutien de notre municipalité, un soutien renouvelé et adapté aux nouveaux besoins.

C’est pourquoi nous voterons favorablement à cette affectation de 14 000€ à l’association Cœurs résistants qui leur permettra de financer 2 emplois de coordination. Malheureusement, le montant attribué ne suffira pas à tenir plus de 2 mois si cette association ne bénéficie pas d’autres financements. De même, il est nécessaire de répartir sur toute la ville d’autres points de distribution, qui pourraient être portés par d’autres associations. Des moyens supplémentaires sont donc nécessaires.

Nous souhaitons à l’occasion de cette intervention, traiter de la question des personnes en errance, notamment des personnes exilées.

Comme à l’accoutumée, pendant cette période, notre Ville a mis à l’abri toutes les familles que l’Etat ne prenait pas en charge.

Les familles hébergées dans les gymnases ont été relogées rapidement en hôtels ou dans des structures comme la Ferme de la Harpe. Depuis, bon nombre d’entre elles bénéficient de la livraison de repas fabriqués par la cuisine centrale.

Cette mise à l’abri reste cependant extrêmement précaire et difficile à gérer. En effet, ces personnes ont d’ores et déjà vécu de nombreux déménagements, souvent réalisés par des militant.e.s associatifs épuisé.e.s. Les perspectives pour les prochains mois ne sont guère réjouissantes. Certes si l’Etat prolonge de quelques semaines la prise en charge des hébergements, les associations nous rapportent que début juillet plus de 300 personnes seront de la sorties des différents dispositifs de l’Etat. Ces personnes seront dans nos rues. Par ailleurs, à l'inverse de l’Italie ou de l’Espagne, le gouvernement français refuse de procéder à des régularisations, seule solution à une situation totalement indigne pour notre pays.

Notre ville doit donc anticiper et mettre en œuvre des dispositifs pérennes qui puissent accueillir dans la durée et sans sur-solliciter des associations, largement mises à contribution ces dernières années.

Cela passe de notre point de vue dans un premier temps par un recensement et une mise à disposition de TOUS les lieux disponibles à Rennes et dans les communes voisines dans le cadre d’une coopération métropolitaine. Pas un mètre carré de logement ne doit rester vide.

La situation découverte au Bois Perrin en février dernier ne doit pas se reproduire.

D’autre part, il nous faut renforcer des moyens du service d’accès aux droits et lui donner une envergure métropolitaine afin de permettre un meilleur suivi des personnes et de leur parcours.

Enfin, il est nécessaire d’engager une réflexion avec tous nos partenaires sur le parcours des personnes en errance dans la ville afin de leur permettre à toutes de bénéficier d’un accès aux soins, à l’hygiène, à l’eau, aux repas, à internet, à l’écoute… sans qu’elles soient obligées de faire des kilomètres d’un point à un autre.

Je vous remercie

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