Accueil À la une Le travail du dimanche ne profite pas au petit commerce

Le travail du dimanche ne profite pas au petit commerce

C'est au nom d'une croissance retrouvée que tou-te-s celles et ceux qui avaient espéré une nouvelle dynamique de progrès social avec le retour de la gauche au pouvoir ont une nouvelle fois été déçu-e-s. En effet, la loi "pour la croissance et l'activité", dite loi Macron, propose de détricoter la loi de 1906 qui avait instauré le principe du repos dominical. Ce principe qui fait qu'un jour par semaine n'est plus consacré à la production économique mais au repos, à la santé et au bien-être, ce principe qui avait en son temps fait l'unanimité - des syndicats jusqu'aux représentants de l’Église - semble donc aujourd'hui menacé.

Pourtant, il y a encore peu de temps, il faisait l'unanimité à gauche – en tout cas lorsque celle-ci siégeait sur les bancs de l'opposition à Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, ce projet de loi ne figurait pas au programme du candidat François Hollande. Nombre des propositions qu'il contient sont en réalité issues de la commission Attali "pour la libération de la croissance française", qui avait été mise en place par Nicolas Sarkozy en 2007 et dont Emmanuel Macron était l'un des rapporteurs.

Pour les salariés cette mesure augmentera la souffrance au travail sans créer d'emplois. Le principe du volontariat présenté comme un garde-fou est un leurre, car dans un contexte de chômage de masse, on ne refuse pas de travailler aux horaires demandés par l’employeur.

Pour le petit commerce, il n'aura pas non plus les effets escomptés. Les arguments économiques en faveur d’une ouverture dominicale plus large ne sont en effet pas concluants pour le petit commerce surtout si celui-ci se trouve mis en concurrence avec la grande distribution.

Défaire un acquis social essentiel contre l'espoir d'un dixième de point de croissance supplémentaire est une aberration. Alors oui, les écologistes font partie de ceux et celles qui considèrent que ce projet de loi participera à la « régression de notre société ».

Nous pouvons accepter que le principe du repos dominical fasse l’objet d'ajustements comme Nathalie Appéré a décidé de le faire à Rennes en cette période de Noël. Mais ces ajustements ne doivent pas ouvrir une nouvelle concurrence entre le petit commerce et la grande distribution qui doit, quant à elle, rester exclue de toute autorisation d'ouverture dominicale. Surtout, le principe du repos dominical doit être préservé.

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