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Les 7 solutions du PLU rennais pour la transition écologique

[Conseil municipal du 29 janvier 2018]

Le Plan local d'urbanisme a été présenté en conseil municipal. Végétalisation, présence de l'eau, aménagements facilitant les mobilités actives, énergie positive et écomatériaux, mixité sociale... tout y est. Nous ne sommes pas peu fiers de contribuer fortement à la transition écologique de notre ville.

 

 

Conseiller municipal

Co-président du groupe écologiste

Vice-président de Rennes Métropole en charge de l'ESS

 

Intervention de Matthieu THEURIER au nom des élu-e-s écologistes

 

Je veux tout d’abord saluer l’engagement des Rennaises et des Rennais qui ont largement contribué à l’élaboration de ce nouveau Plan Local d’Urbanisme. Le PLU est un document lourd, complet et complexe. Difficile de se l’approprier et pourtant les rennais ont su relever ce défi. À travers les balades urbaines, les cafés citoyens, les outils numériques, mais aussi la Fabrique citoyenne, les Rennaises et les Rennais se sont amplement saisis des espaces de débats ouverts à l'occasion du processus « Rennes 2030 ».

Et leur message a été des plus clairs. Plus végétale, moins minérale, apaisée, qui fasse toute sa place aux piétons et cyclistes, une ville santé qui intègre la notion de bien être dans son développement, une ville à taille humaine et dotée de services de proximité, réconciliée avec son fleuve, son passé et son patrimoine, voilà la Rennes que les Rennais veulent.

Cette vision d’avenir pour Rennes, les écologistes la portent aussi et nous avons contribué en ce sens aux travaux qui nous permettent d’aboutir aujourd’hui au vote du nouveau PLU. Et force est de constater que le nouveau Plan Local d’Urbanisme a pleinement intégré les enjeux de la transition écologique.

Pour devenir la ville écologique et solidaire du XXIe siècle, il nous faut transformer un modèle de développement urbain qui se fait au détriment des espaces naturels en un urbanisme qui participe à la protection de l'environnement.

Pour y parvenir, la première solution, c'est la végétalisation. L'instauration, à l’échelle de la ville, d’un « coefficient de biotope », qui obligera chaque promoteur à prévoir une part végétale dans tous les projets de construction, que ce soit au sol, en toiture ou en façade est un vrai progrès pour faire de Rennes une ville plus verte.

La seconde solution c’est la réconciliation… de Rennes avec ses rivières. La définition d’une grande trame verte et bleue depuis la forêt de Rennes, jusqu’à la Prévalaye, en passant par les Gayeulles, la coulée verte de Patton, les prairies Saint-Martin et le boulevard de Chézy pour ensuite rejoindre les berges de la Vilaine est là aussi un acte fort qui affirme la volonté de renouer les liens entre la ville et ses cours d’eau. Pour nous, cela signifie que pourront s’engager rapidement la piétonnisation du boulevard de Chézy et la disparition du parking Vilaine.

La troisième solution c’est la vélorution. Ce nouveau PLU entrera en vigueur quelques mois avant l’inauguration de la seconde ligne de métro. 75 % des Rennais seront alors à moins de 10 minutes à pied d’une station de métro. Dans le même temps, le déploiement d’un réseau vélo sécurisé se poursuit tout comme la piétonnisation d’un certain nombre de places. L’enjeu est d’offrir des solutions de déplacements alternatives à la voiture. L’enjeu est aussi de reconquérir l’espace pris par cette même voiture. 50 % de la superficie des villes européennes est utilisé aujourd’hui par la voiture. Réduire son emprise c’est ouvrir de nouveaux espaces de respiration pour les habitants. Au Blosne, à Maurepas ou à Bréquigny, les grands boulevards urbains deviendront demain des parcs, des places, des espaces de nature et de de vie.

La quatrième solution c’est la transition… Rien qu’en matière d’électricité solaire, nous disposons du potentiel pour couvrir la consommation de 40 000 habitants. Il est temps de mettre les moyens pour la transition énergétique. Notre projet urbain est pour cela une vraie opportunité. Puisque nous savons désormais construire des bâtiments qui produisent plus d'énergie qu'ils n'en consomment, les 1500 logements qu'il nous faut construire chaque année sont donc autant d'opportunités d'augmenter notre autonomie énergétique, à condition que nous imposions des exigences ambitieuses aux promoteurs. Justement, le nouveau PLU obligera à certains endroits la construction de bâtiment à énergie positive. Il favorisera aussi la réhabilitation des grandes propriétés des années 60 en offrant à ces copropriétés des droits à construire afin de financer les travaux de rénovation énergétique. C’st une idée innovante que nous saluons. Le nouveau PLU engage aussi la sortie progressive du tout béton pour favoriser les filières des éco-matériaux et en particulier la construction bois. En complémentarité avec l’action du Programme Local de l’Habitat de Rennes Métropole, c’est peut-être demain plusieurs centaines de logements en bois qui sortiront de terre à Rennes. Une petite révolution dans la façon de construire est en train de s’opérer. Pour nous écologiste qui soutenons ces filières depuis des années c’est une vraie satisfaction.

La cinquième solution c’est la préservation… du patrimoine rennais. Trop souvent ces dernières années les Rennais ont vu disparaître des maisons de caractère au profit d’immeubles moches. Le dernier exemple en date étant la maison du 69 avenue Aristide Briand. Le nouveau système de classement prévu par le PLU permettra d’empêcher vraiment les démolitions là où l’enjeu de préservation est fort. Là aussi, il y a un vrai changement de politique et c’est une excellente nouvelle.

La sixième solution c’est la cohésion. Le PLU favorise évidemment la mixité sociale. Avec la réhabilitation du Blosne et de Maurepas, la mise en œuvre de notre Programme Local de l’Habitat, du loyer unique et de l’office foncier solidaire nous disposons d’une palettes d’outils pour faire en sorte qu’aucun quartier de Rennes ne puisse un jour se retrouver au bord du chemin ou à l’inverse concentrer toutes les richesses. L’équité sociale, l’égalité, sont le socle de notre qualité de vie à la rennaise.

La septième solution c’est la démocratisation. Il ne doit plus y avoir demain de grands projets urbain qui se fasse sans les habitants. La concertation « Rennes 2030 » doit déboucher sur la construction d’une véritable fabrique citoyenne de la Ville. À l’image de ce que nous avons su faire avec le budget participatif, il nous faut désormais définir une méthode de participation systématique de nos projets urbains.

Il reste donc évidemment du travail, mais l’adoption de ce nouveau PLU nous dote d’un outil puissant pour faire de Rennes une ville accueillante, où il fait bon vivre ; une ville verte et bleue, solidaire et écologique.

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