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Les crèches, services sociaux d’intérêt économique général

[Conseil municipal du 16 mars 2018]

En déclarant le secteur de la petite enfance "service social d'intérêt économique général", la Ville affirme que les crèches ne sont pas des entreprises comme les autres et que l'éducation des plus petits n'est pas un marché ouvert, sur lequel les grandes entreprises peuvent venir prendre leur part du gâteau. Nous avons salué cette décision.

 

 

Conseiller municipal

Co-président du groupe écologiste

Vice-président de Rennes Métropole en charge de l'ESS

 

Intervention de Matthieu THEURIER au nom des élu-e-s écologistes

 

 

Je veux, au nom du groupe écologiste saluer la proposition que vous nous faites chère Katja Kruger de déclarer le secteur de la petite enfance à Rennes comme Service d’intérêt Économique Général.

Nos actions en faveur de la petite enfance permettent d'accueillir les enfants âgés de moins de 3 ans. Ces actions sont indispensables à l'éducation et à l'épanouissement de l'enfant. Elles sont tout autant indispensables à l'égalité femme-homme, en permettant aux parents de disposer de solutions de garde qui garantissent la continuité de leur activé professionnelle. Elle sont aussi un outil essentiel dans la construction de la cohésion sociale de notre ville puisque l'attribution des places en crèche se fait avec le souci constant de favoriser la mixité sociale.

La politique de la petite enfance s'appuie sur les crèches municipales gérées directement par la Ville de Rennes mais aussi sur de nombreuses crèches associatives qui font un travail remarquable. Les situations familiales sont aujourd'hui plus nombreuses, plus complexes, et les crèches associatives développent des modes de garde innovants. Elles proposent des services d'accueil variés qui correspondent aux différents besoins des familles. Je pense à l'association Parenbouge notamment qui propose des services de garde pour les enfants des parents salariés en horaire atypiques. Je pense aussi à la crèche associative MerlinPinpin qui favorise la mixité entre enfants valides et enfants en situation de handicap, à l'association Cannelle qui insiste sur la participation parentale et la coéducation, ou encore à la crèche associative Neizhig qui propose un bilinguisme français-breton. Quelles que soient leur spécificité, toutes sont fortement attachées à faire en sorte que leurs services soient accessibles à tous et toutes.

Il faut rappeler enfin que ces crèches associatives sont toutes des entreprises de l’économie sociale et solidaire. Elles n'ont pas de but lucratif, elles sont gérées de façon démocratique en lien étroit avec les parents et l'ensemble des intervenants en crèche.

Elles participent ainsi au développement d'une économie locale et durable de notre territoire.

En un mot elles sont un atout essentiel pour notre ville.

Et pourtant elles sont aujourd'hui menacées.

Le risque est donc bien présent de voir le secteur associatif mis en difficulté. Le risque existe aussi que les valeurs de solidarité et de mixité sociale porté par ce secteur soit mis à mal.

C'est pour ces raisons, et vous me permettrez d'endosser cette fois ma casquette de Vice-Président de Rennes Métropole en charge de l'ESS, que nous avons incité à la déclaration de Service d'intérêt économique général. Celle-ci, permise par le droit européen, permet de mieux protéger le secteur associatif et coopératif des tentations de déstabilisation au profit d'entreprises privées souvent bien moins vertueuses et bien moins soucieuses de l'avenir de notre territoire.

Je suis donc particulièrement heureux de voir ce soir la Ville de Rennes choisir cette voie afin de protéger les entreprises associatives qui interviennent dans le champ de la petite enfance.

En déclarant ces associations Services sociaux d'Intérêt Économique Général, nous affirmons qu'elles ne sont pas des entreprises comme les autres et que l'éducation des plus petits n'est pas un marché ouvert, sur lequel les grandes entreprises peuvent venir prendre leur part du gâteau.

En déclarant ces associations en SSIEG, nous nous donnons concrètement les moyens de pouvoir les soutenir financièrement. C'est une étape importante, un choix politique fort en faveur de ces associations. C'est une étape qu'il nous faudra amplifier en accompagnant par la suite ces associations à s'organiser collectivement afin de se renforcer et de continuer à grandir et œuvrer pour les enfants de notre ville.

 

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