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On ouvre des écoles, au détriment des territoires ruraux

[Conseil municipal du 1er avril 2019]

Les ouvertures et fermetures de classes pour la rentrée prochaine ont été présentées en conseil municipal. À Rennes, le solde sera positif, mais au détriment des territoires ruraux. Or pour lutter contre la diversification du territoire, il est impératif de maintenir les écoles, y compris dans les communes rurales.


 

Conseillère municipale
Intervention de Valérie FAUCHEUX au nom du groupe écologiste  et citoyen

Comme l’année dernière, notre conseil municipal  pourrait se satisfaire de la carte scolaire proposée le directeur des services départementaux de l’Éducation nationale. En effet, 26 classes vont être définitivement créées contre deux suppressions. Et si on ajoute les mesures conditionnelles, ce sont 31 classes qui pourraient être ouvertes à la rentrée 2019. Le solde est donc largement positif au bénéfice notamment des élèves des quartiers populaires par le dédoublement des classes de CP-CE1 des écoles en réseau d’éducation prioritaire.

Pour autant, notre enthousiasme doit rester mesuré et surtout très critique. D'une part, seules deux ouvertures définitives sont prévues au titre de la démographie scolaire et six à titre provisoire, ce qui est bien insuffisant au regard de l'augmentation constante des effectifs ces dernières années. Un certain nombre de classes, notamment en maternelle seront encore bien surchargées, ne permettant pas l'acquisition des savoirs et des apprentissages dans de bonnes conditions.

Rappelons par ailleurs que les moyens octroyés par l'Éducation nationale concernant la santé scolaire ne suffisent pas non plus. En effet, de plus en plus d'écoliers rennais de plus de 5 ans ne bénéficient plus des visites du médecin scolaire de l'Éducation nationale. Pourtant son action de prévention des problèmes de vue, des problèmes dentaires, de l'obésité et des troubles du comportement et du langage est essentielle en termes de santé sociale.

Par ailleurs, notre regard doit se porter au-delà des besoins de nos écoles. En effet, le ministère ne prévoit aucune création de postes dans l'académie de Rennes.

Ainsi,  les ouvertures de classes et la création des postes d’enseignant.e.s à Rennes seront entièrement financées par des suppressions massives en milieu rural.

Cette année encore plus que l’an passé, ce sont les écoles de Baulon, de Bonnemain, de Chauvigné, de Cuguen, d’Ercé près liffré, de Guipry, de la Chapelle Bouexic, de la Fresnais, de Laignelet, de Lanhélin, de Louvigné, de Maen Roch, de Pipriac, de Saint-Domineuc, de Retiers, de Saint-Aubin du Cormier, de Val d'Anast, entre autres… qui vont voir disparaître au moins une classe! Si la situation en Ille-et-Vilaine est difficile pour ces communes, le solde entre les ouvertures et les fermetures reste positif, malheureusement ce n'est pas le cas des Côtes d’Armor, du Finistère et du Morbihan qui subissent une véritable hécatombe. Au total pour ces trois départements, le solde est de -28 classes. 28 classes donc 28 écoles impactées, principalement en centre Bretagne.

Évidemment, le ministère argue de la baisse démographique que vivent ces territoires. Mais cette explication est inacceptable car ces suppressions menacent la survie de ces écoles à terme. Comme le rappellent les maires de ces communes, les représentants des parents d'élèves et des enseignants auxquels nous apportons notre soutien plein et entier, dans une commune, l’école est le point d’ancrage des populations et des activités.

Quand une école ferme, c'est la désertification qui s'accentue.

La promesse d'égalité républicaine n'est donc qu'une supercherie quand le sujet de maintenir les services publics, notamment les écoles n'est pas à l'ordre du jour pour tous les territoires. Et les Gilets jaunes sur ce sujet ne se trompent pas !

Nous voterons bien sûr cette délibération, mais nous refusons les inégalités entre les territoires.

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