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Soyons attentifs aux conditions de travail des salarié·e·s de Keolis

[Conseil métropolitain du 15 novembre 2018]

Les salarié·e·s de Keolis nous alertent sur leurs conditions de travail. Il nous faut les entendre, car la qualité du service public de transports en commun et la confiance que lui portent ses usagers en dépendent.

 

Conseillère métropolitaine
Intervention de Laurent HAMON au nom du groupe écologiste  et citoyen

Depuis ce jeudi matin, la CFDT Keolis a lancé un préavis de grève illimitée sur le réseau de transports consistant en des débrayages à plusieurs moments de la journée et ce, deux jours par semaine.

Les salarié·e·s de Keolis nous parlent des pressions qu'ils subissent pour respecter des horaires toujours plus serrés. Ils nous parlent de leur peur de l’accident et des aménagements, trop peu ou trop mal adaptés à la bonne cohabitation des circulations bus, vélos, piétons. Ils nous parlent de la surcharge des bus due à une fréquentation importante, ce dont on ne peut que se féliciter, mais qui complique fortement leur métier. Ils nous parlent aussi des manques d’effectifs de personnels et du manque de matériel pour assurer dans des conditions sereines un service de qualité et qui réponde à une demande croissante de transports en commun, que par ailleurs nous appelons de nos vœux.

Nous sommes le donneur d’ordre de Keolis, il nous faut entendre les revendications des salarié·e·s. Il est évident que nous avons un rôle à jouer pour améliorer leurs conditions de travail.

Il nous faut déployer fortement les sites propres bus sur notre agglomération afin de rendre les circulations bus plus fluides et rapides. Il nous faut aussi déployer rapidement un plan vélo qui permette de séparer au maximum la circulation cycliste de la circulation bus.

Par ailleurs, nous devons engager un dialogue avec Keolis pour que l’entreprise mette en place les moyens nécessaires à la bonne mise en œuvre de la délégation transports. Les syndicats estiment que c’est 60 conducteurs supplémentaires qu’il faudrait embaucher aujourd’hui pour assurer un service dans de bonnes conditions. Aujourd’hui, faute de personnel, les agent·e·s se voient refuser la pose de leurs congés. De même, faute de conducteurs, Kéolis a décidé de sous-traiter deux lignes par deux autres de leurs filiales, filiales qui imposent une rémunération moindre de leurs personnels. Des conducteurs fatigués, faute du repos nécessaire, c’est un risque d'accidents supplémentaires pour les usagers des bus, les piétons et les cyclistes. Nous savons que le secteur du transport est en forte tension par manque de personnel formé. Mais des solutions sont possibles pour l'avenir en renforçant la formation par apprentissage.

Enfin, les salarié·e·s alertent aussi sur les problèmes de sécurité, problèmes qui se concentrent en soirée, les jeudis et vendredis soir, et sont pour l’essentiel le fait de personnes alcoolisées. Le renforcement des dispositifs de prévention et de médiation sur ces tranches horaires nous semble nécessaire.

Il nous faut être particulièrement attentifs aux bonnes conditions de travail des salarié·e·s de Keolis et nous assurer que les termes de la délégation de service public en la matière sont bien respectés par le délégataire.

La qualité du service public de transports en commun et la confiance que lui portent ses usagers en dépendent.

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