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Un budget pour la transition écologique de Rennes

[Conseil municipal du 29 janvier 2018]

Malgré la remise en cause de l'autonomie financière - et donc politique - des collectivités locales, Rennes se dote d'un budget pour amorcer la transition écologique de la ville.

 

 

Conseiller municipal

Co-président du groupe écologiste

Vice-président de Rennes Métropole en charge de l'ESS

 

Intervention de Matthieu THEURIER au nom des élu-e-s écologistes

 

 

Nous assistons à un mouvement de recentralisation sans précédent. En juillet dernier, le nouveau président Emmanuel Macron affirmait devant le Congrès sa volonté de construire un nouvel acte de décentralisation. Ce discours est aujourd’hui battu en brèche par le cumul de mesures qui mettent en cause l’autonomie financière et donc politique des collectivités locales.

Pourtant, ce sont bien les collectivités locales qui sont aujourd’hui aux premières loges pour mener la transition écologique et ces mesures battent donc aussi en brèche les belles paroles du Président pour sauver les accords de Paris.

Cette mise au pas des collectivités est d’autant plus insidieuse qu’elle ne s’appuie plus prioritairement sur la Dotation Globale de Fonctionnement, qui constitue de loin la principale dotation de fonctionnement de l'État aux collectivités, mais elle emprunte des voies détournées :

  • Tout d’abord la remise en cause des ressources propres comme la taxe d’habitation.
  • Ensuite les coups de rabots imposés à certains outils des politiques locales tels les Offices de logements sociaux et plus récemment les Agences de l’eau.
  • Et enfin, le comble, le plafonnement prévu de l’évolution des dépenses de fonctionnement à +1,2 %, qui empêchera tout simplement les collectivités locales de créer de nouveaux services aux habitants, alors même que les besoins sont toujours plus forts. Cette mesure est d’autant plus absurde qu’elle ne tient pas non plus compte de l’évolution positive des recettes que peuvent connaître les budgets des collectivités.

Cette nouvelle vague d’attaques est d’autant plus critiquable que ce sont les collectivités locales qui, depuis trois ans, ont porté l’essentiel des succès engrangés dans la lutte contre les déficits publics. Les territoires ont réussi à faire la preuve de leur sens des responsabilités, parfois du sacrifice, à en rendre jaloux les autres blocs de la dette nationale et en premier lieu l’État dont le déficit, lui, ne se résorbe toujours pas.

Cette nouvelle vague d’attaques est d’autant plus critiquable qu’elle est inefficace. Sous la mandature de François Hollande, la baisse des dotations aux collectivités a eu pour effet une réduction de leur volume d’investissement de 6,6 %. Or les collectivités locales sont à l’origine de 75 % de l’investissement public en France et cet investissement est parmi les grands pourvoyeurs d’emplois.

Ce n’est d’ailleurs pas complètement un hasard si les chiffres de l’emploi à Rennes en 2017 sont plutôt positifs. Le taux de chômage s’y établit désormais à 7,3 % soit deux points sous la moyenne nationale. Le choix constant, depuis plusieurs années, d’un investissement public élevé sur notre territoire y est pour beaucoup dans ce résultat.

Et il faut de plus noter que cet investissement ne s’est pas fait au détriment de la bonne gestion budgétaire. Notre ville est toujours en bonne santé financière et cela nous donne toujours des perspectives pour l’avenir même si elles sont contenues par les mesures de l’équipe Macron.

Cela fait désormais trois ans depuis les élections de mars 2014, que nous agissons pour changer la ville. En matière de démocratie, de déplacements, d’environnement, d’urbanisme, de solidarité, de diversité culturelle… de grands changements se font jour pour faire de Rennes la ville écologique et solidaire du 21e siècle. Le bon cap a été pris mais il reste encore beaucoup à faire pour améliorer le cadre de vie, végétaliser notre ville, la rendre plus apaisée, lutter contre la pollution de l’air, préserver la santé des habitants, les associer aux décisions qui les concernent, mener la transition énergétique, créer les emplois dans les quartiers et lutter inlassablement contre toutes les inégalités.

 

Aujourd’hui, c’est bien sur les enjeux de transition écologique que les Rennaises et les Rennais nous interpellent.

 

Nous devons apporter des réponses fortes. En 2018, notre ville investira 10 millions d’euros supplémentaires pour la réalisation de nouveaux équipements et la réhabilitation des quartiers de la ville, au lancement des travaux du nouveau site du conservatoire au Blosne ou du nouvel Antipode à Cleunay. 10 millions d’euros supplémentaires qui seront donc alloués à la cohésion sociale de notre territoire.

En 2018, les moyens alloués au plan vélo s’amplifient aussi avec l’aménagement prochain de la place de Bretagne, des boulevards de Verdun, de la Duchesse Anne, de la TA, et nous l’espérons, du quai de la Prévalaye. La piétonnisation et la végétalisation de la ville se poursuivent avec les aménagements des abords des stations de métro Colombier ou encore Mabilais.

Les moyens attribués à notre plan alimentaire durable et à l’alimentation biologique dans les cantines scolaires continuent d’augmenter. Un appel à projet pour l’installation de nouveaux agriculteurs sur la Prévalaye sera aussi initié. Rennes est ainsi parmi les premières villes à mettre en œuvre une vraie stratégie d’agriculture urbaine. Le soutien au monde associatif augmente lui aussi de près d’1 %. Le budget au CCAS continue de croître lui aussi, c'est nécessaire tant les besoins sont importants comme nous le rappelle la grève de personnels dans les EHPAD cette semaine. Autant de mesures qui participent à la transition écologique et solidaire de notre ville.

Il pourrait néanmoins rester une ombre au tableau si, en ce début d’année, certaines mesures fortes en matière de transition énergétique n’étaient pas prises. En effet, des choix doivent être faits prochainement pour de nouveaux investissements afin d’étendre les réseaux de chaleur sur la ville. Ces réseaux, alimentés pour partie au bois, offrent une solution de chauffage écologique et peu chère à un nombre important de logements sur notre ville. Le Blosne, Villejean, Beauregard en bénéficient déjà. Demain, Beaulieu, Maurepas et tout le Nord de notre ville pourraient aussi bénéficier de cet outil. Outil indispensable à la réalisation des accords de Paris à l’échelle de notre territoire. Il n’y a donc pas à tergiverser. Il faut prendre rapidement la décision d’investir sur ces extensions. Sans cela les ambitions affichées en matière d’énergie ne deviendraient que des mots creux et les Rennais, à juste titre, ne l’accepteront pas.

 

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