Accueil À la une Vilaine Aval : un projet écologique et équilibré

Vilaine Aval : un projet écologique et équilibré

[Conseil métropolitain du 17 mars 2016]

Après plusieurs mois de travail, le projet Vilaine Aval a évolué dans le "bon" sens. Écologique, protégeant et mettant en valeur les richesses naturelles du site, autorisant des usages multiples, l'aménagement des berges devrait tout à la fois protéger la biodiversité et rendre le site accessible.

 

morvan_nConseiller métropolitain
Président du groupe écologiste de Rennes Métropole

+

Lire aussi notre intervention de juin 2015

Vilaine Aval : clarifions le projet

Intervention de Morvan Le Gentil au nom du groupe écologiste

citationL’occasion nous est donnée ce soir de faire le point sur un projet important de notre mandature, l’aménagement du secteur Vilaine Aval. Autant le dire tout de suite, après avoir exprimé un certain nombre de doutes sur ce projet au cours des dernières années, le groupe des élu-e-s écologistes n’a plus de difficultés à le soutenir dans sa forme actuelle, et votera donc pour la reconnaissance de son intérêt métropolitain.

Tout suspense étant écarté, quelles leçons, quelles pépites pouvons-nous retenir du processus d’élaboration de cette opération ?

 

Il s’agit tout d’abord d’un projet qui a su parvenir, au fil du temps, à un dimensionnement équilibré, en élaguant certains volets, excessifs ou inadaptés à la fragilité du site. On pense notamment au projet de grande terrasse, même si elle aurait eu l’avantage de fournir un débouché de proximité aux remblais issus des travaux du métro : elle aurait surtout eu un impact par trop déstabilisant pour l’écosystème – a fortiori au vu du caractère pollué des matériaux. L’abandon de ces versants inutiles voire néfastes honore les pilotes du projet : celui-ci y a gagné une forme de modestie, qui correspond bien à ce que les élu-e-s écologistes souhaitent défendre lorsqu’il s’agit d’intervenir sur des zones à fort potentiel environnemental.

 

Cette approche équilibrée dessine une manière d’aborder la question de la nature « aménagée » :

nous ne nous enfermons pas, ici, dans une vision de la nature brute et sanctuarisée, mais ne tombons pas non plus dans le piège d’une nature sacrifiée sans discernement aux activités de loisir.

Tout n’est pas bouclé, je ne crie pas victoire trop tôt, mais le projet Vilaine Aval, dans son contenu actuel, cherche tout à la fois à protéger et à mettre en valeur la grande richesse naturelle de ce périmètre. Cette ligne nous paraît bonne, y compris lorsqu’elle a conduit à renoncer à certains aménagements sur l’étang des Bougrières, pour des usages nautiques qui auraient mis en péril la zone de captage d’eau potable.

 

Cette question de la mixité des usages est en filigrane derrière tout le travail réalisé jusqu’ici. Car l’espace naturel est à la fois réservoir de biodiversité, potentiel énergétique, faisceau de mobilités douces, support de loisirs, ou encore ferment d’activités économiques en lien avec l’économie sociale et solidaire, le tourisme ou l’agriculture par exemple.

 

Ce dernier point n’est pas le moindre : sur le plan touristique c’est une première occasion, pour Destination Rennes, d’aller au-delà du tropisme de la ville centre et de soutenir un tourisme familial de proximité. Et sur le plan agricole c’est une vraie opportunité de développer une production biologique locale, en phase avec les contraintes de cette zone naturelle sensible. Il est d’ailleurs dommage que la délibération ne mentionne pas davantage cette dimension, pourtant assez avancée et travaillée de façon dynamique par les acteurs locaux.

 

Prendre conscience des enjeux de la cohabitation entre tous ces usages, autour d’un milieu si délicat, c’est forcément les traduire dans des processus de décision qui laissent la part belle à la concertation et à la bien nommée « expertise d’usage », justement. Là aussi, tout ne s’est pas mis en place si spontanément, et les associations naturalistes notamment ont pu avoir l’impression, à un moment, de courir après un train lancé un peu vite à leur goût. Mais les calages ont fini par s’opérer, et chacun a pu apporter son écot aux réflexions.

 

Il faut d’ailleurs souligner ici l’implication forte et bénévole des réseaux associatifs, en général, dans toute l’action pilote « Traversées et escales » :

on oublie trop souvent, lorsque nos communes ou notre Métropole soutiennent les associations, que nous ne leur permettons pas seulement d’organiser des activités pour leurs adhérents et les citoyens ; nous contribuons également à la structuration d’une société civile capable de venir enrichir, sans compter son temps, les projets de territoires.

 

Force est de constater que cet enrichissement a joué à plein durant l’année 2015 ; la présentation est revenue longuement sur l’action « Traversées et escales », mais il faut encore insister sur le caractère exemplaire de cette démarche participative.

En mobilisant autant les experts, les élus que les habitants, en imaginant des façons nouvelles de s’approprier le territoire (par l’intégration de la dimension culturelle, par la co-construction autour des itinéraires remarquables…), le projet Vilaine Aval nous donne un aperçu de ce que la participation citoyenne peut produire de mieux.

 

On peut évidemment regretter que ce caractère exceptionnel témoigne, en creux, de notre manque de pratique en la matière, pour des réalisations métropolitaines si souvent « techno ». Mais de façon plus positive nous avons l’occasion de valoriser cette expérience : puisqu’il est possible de faire participer les habitants à la définition des projets qui les concernent, puisque l’on sait inventer des méthodes enthousiasmantes qui dépassent et transcendent les procédures administratives – certes incontournables – faisons-nous confiance et libérons la créativité. À l’heure d’ouvrir le chantier de notre futur PLU intercommunal, l’enjeu est d’importance : militons pour que toutes les communes s’y essayent, et soutenons les activement pour cela.

 

En résumé : modestie plutôt que folie des grandeurs ; recherche d’équilibre et d’optimisation ; processus itératif, créatif et participatif ; mise en valeur de l’expertise d’usage des habitants  aux côtés de l’expertise technique ; priorité donnée aux investissements humains et citoyens… sans vouloir charger la barque sur les étangs d’Apigné, nous avons là de quoi réfléchir aux nouveaux paradigmes qui doivent sous-tendre notre action publique.

 

Je vous remercie.

1 commentaire(s)

  1. pp jean

    entièrement d’accord, mais le volet qualité de l’eau est fondamental . Une baignade où on ne peut pas se baigner, c’est pire que pas de baignade … Or , sans doute la qualité de l’eau est très dégradée par l’activité agricole en amont, mais le développement démographique et urbain n’est pas neutre non plus, surtout sur une rivière du type de la Vilaine avec des étiages sévères l’été ….A un moment , il faut un peu de cohérence avec les possibilités du territoire !

Laisser un commentaire